Quatre sécheresses, trois épidémies, deux grandes inondations, une invasion acridienne, 25 cyclones et dépressions tropicales ont frappé Madagascar en vingt ans. Chaque aléa n’a pas manqué de laisser de grandes séquelles mettant le pays dans la trappe de la vulnérabilité et de la pauvreté. Tirer les leçons du passé, partager les expériences, capitaliser les bonnes pratiques, comprendre les risques inhérents aux catastrophes naturelles constituent des pas importants pour une meilleure prise en main de la gestion des risques et des catastrophes.
Dans sa mission d’accompagnement des efforts nationaux sur la voie du développement humain, le PNUD aide à incorporer la réduction des risques de catastrophe dans les plans de développement, à renforcer les capacités des institutions nationales et locales pour qu’elles puissent réagir face à des catastrophes, mener un relèvement précoce et intégrer systématiquement la réduction des risques dans les interventions en cas de catastrophe. Le PNUD soutient ainsi les efforts déployés au plan national en vue de réaliser les buts et les objectifs du Cadre d’action de Hyogo. Le renforcement de capacités nationales et locales en matière de gestion des risques et de catastrophes et le Renforcement de capacité sur le système d’alerte précoce et réponse au Tsunami figurent actuellement parmi les priorités d'action du PNUD à Madagascar.
Parallèlement, le PNUD est partie prenante dans l’établissement d’un réseau de compétence en matière de gestion et de réduction des risques et des catastrophes entre Madagascar, les Comores, Malawi et Mozambique dans le cadre de son partenariat avec la Commission Européenne d’Aide Humanitaire. Le PNUD y assure particulièrement le rôle d’appui dans le processus d’identification des bonnes pratiques et de coordination des partenaires sous financement DIPECHO. L’approche du PNUD consiste à connecter les populations et les acteurs avec les connaissances dont elles ont besoin pour renforcer leur capacité à faire face aux catastrophes. Il s’agit entre autre de systématiser la dissémination des bonnes pratiques, d’organiser et de coordonner les transferts de connaissances et de compétence sur la gestion et la réduction des risques et des catastrophes. A terme, ces connaissances doivent se traduire en futurs projets et en processus pour mieux mitiger les risques, prévenir contre les catastrophes, assurer un relèvement précoce.
Points focaux
- Mme Patricia Ramarojaona, Chargée de Programme
- M. Moustapha Diallo, Spécialiste en Gestion des Risques et des Catastrophes
- M. Christophe Legrand, Spécialiste en Relèvement précoce
Les projets en cours
Les défis actuels de la Gestion des Risques et des Catastrophes à Madagascar
La Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes (SNGRC) à Madagascar », a été mise en place depuis 2001. L’analyse de l’existant, dans le cadre du processus de mise en œuvre de cette SNGRC permet de faire les constats suivants :
- la SNGRC existe et était censée expirer à la fin de l’année 2008.
- des changements importants sont apparus dans la structure, l’organisation et le fonctionnement des différentes entités et structures gouvernementales: des structures et des mécanismes indiqués dans cette Stratégie n’existent plus tandis que d’autres ont été créées.
- la plupart des autorités en place actuellement n’étaient pas impliquées dans l’élaboration de la Stratégie et ne connaissent pas le contenu. Pourtant cette Stratégie devrait être un document « du Gouvernement », élaboré avec l’appui des partenaires et indiquant clairement ses priorités, ses objectifs et son approche par rapport à la Réduction des Risques et des Catastrophes (RRC) à Madagascar.
- le Cadre d’action de Hyogo (CAH 2005-2015) qui définit les actions prioritaires en matière de Réduction des Risques et des Catastrophes au niveau international a été élaboré et signé entretemps par plus d’une centaine de pays, dont Madagascar, qui se sont engagés à le mettre en œuvre. L’actuelle SNGRC n’a pas encore intégré toutes les références de ce cadre d’action.
- le processus d’élaboration de cette SNGRC a été réalisé entièrement mais la planification et la coordination du processus de sa mise en œuvre requièrent un cadrage approprié à l’évolution actuelle des contextes climatiques, des tendances institutionnelles et socio organisationnelles à Madagascar.
- Les Communes, en tant que Collectivités Territoriales Décentralisées, font partie des entités qui devront bénéficier de la mise en œuvre de certaines actions prioritaires. Parmi ces priorités figure « le renforcement des mécanismes de Gestion des Risques et Catastrophes (GRC) dans les communes ». Il est toutefois difficile d’avoir des indicateurs de changement objectifs et fiables, résultant de ce renforcement, si on ne revient pas sur les traces de ce qui existe déjà dans certaines communes, ne serait-ce qu’à titre d’échantillon.