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Depuis une dizaine d’années, Madagascar s’efforce de structurer le monde de l’alphabétisation afin que le pays possède les capacités suffisantes pour répondre au défi posé par l’atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous. Les cadres d’action de Dakar en Avril 2000 préconisent d’ici 2015 une diminution de 50% du taux de l’analphabétisme, et les Objectifs du Millénaire pour le développement prônent un enseignement primaire universel pour tous d’ici 2015.
Pour atteindre ces objectifs, les actions d’alphabétisation doivent passer du stade de perception « projet » à une structuration horizontale et verticale cohérente l’intégrant dans le monde de l’éducation.
Ainsi, le Système des nations Unies, dont le PNUD et l’UNESCO, appuie le Gouvernement Malgache depuis 2001 pour l’atteinte des dits objectifs. Fort des expériences acquises et des leçons tirées sur le terrain, une Stratégie nationale de l’Alphabétisation a été élaborée et validée en 2008, avec la participation effective de toutes les parties prenantes, particulièrement le Ministère de l’Education Nationale, les Collectivités territoriales décentralisées, le Secteur privé, la Société civile et les Partenaires sociaux. Ce document donne un cadre quantitatif et qualitatif des actions à mener, définit les éléments chiffrés relatifs à l’alphabétisation pour les années à venir, avec une répartition temporelle et spatiale, et identifie divers outils à mettre en place dont le Fonds d’appui pour l’alphabétisation, un élément clé pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de l’Alphabétisation.
Les projets mis en oeuvre
Les enjeux d’une analyse des besoins dans le domaine de l’alphabétisation
L’évaluation des acquis et des besoins réels du secteur de l’Alphabétisation est une étape essentielle et prioritaire en amont ; faute d’une évaluation claire des besoins, toute recherche globale de financement demeure aléatoire. Par ailleurs, les spécificités propres à des personnes vulnérables ne sont pas encore suffisamment développées dans le document de stratégie nationale de l’alphabétisation.
Une étude a été lancée par le PNUD, elle a pour objet de recueillir toutes les données pertinentes relatives à l’Alphabétisation afin d’établir le Plan d’action de la Stratégie nationale du secteur ; le plan d’actions doit par ailleurs prendre en considération les spécificités par rapport au « genre » et « handicap ». En effet d’une part, il est reconnu que la considération de l’aspect « genre » pourra augmenter l’efficacité des actions de développement en rapport aux objectifs du millénaire ; et d’autre part, l’aspect handicap est primordial dans un souci d’équité à l’accès à l’alphabétisation.
Le concept de Fonds d’Appui à l’Alphabétisation
La conduite des actions d’alphabétisation sur terrain relèvent des rôles et responsabilités des acteurs sociaux. Pour permettre à ces Partenaires sociaux de remplir un tel rôle dans le cadre d’une mise à l’échelle, un Fonds d’Appui à l’alphabétisation, qui devrait fonctionner comme un guichet de financement, doit être mis en place. En effet, face aux nombreux besoins identifiés et demandes exprimées suite à la sensibilisation effectuée, le principal handicap est le financement des actions. Le peu de ressources des Collectivités territoriales décentralisées ne leur permettent pas toujours de faire face à leurs besoins et au niveau de l’Etat, les contraintes de priorité et d’arbitrage en matière l’allocation des ressources disponibles ont toujours fait que l’alphabétisation a souffert d’un budget très insuffisant. La mise en place du Fonds d’Appui à l’alphabétisation est donc un élément hautement prioritaire dans le document de Politique nationale d’Education non formelle.
Renforcement de capacités des acteurs
Pour la réussite de la concrétisation des actions, l’internalisation des rôles et responsabilités incombant à chaque partie prenante devrait être assurée. Aussi, pour le développement de l’Alphabétisation à l’échelle, le PNUD s’attache d’appuyer chaque entité à assumer et assurer pleinement les dits rôles, compte tenu de ses compétences.
Dans le courant de l’année 2008, 44 personnes issues des Structures déconcentrées (22 régions) et de partenaires sociaux issus des 2 Régions de concentration, Atsimo Andrefana et Vatovavy Fitovinany, ont été formées sur le cadrage et la conduite de l’Alphabétisation. Néanmoins, beaucoup de défis restent encore à réaliser, dont l’optimisation du renforcement des capacités des partenaires techniques sur le terrain. Cette action mérite encore d’être étendue à grande échelle, jusqu’à la mise en place d’une masse « critique » de techniciens capables de promouvoir et de conduire avec efficacité les actions d’alphabétisation au sein des différentes structures impliquées.
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Les premières activités d'appui du PNUD en matière d'Education pour tous à Madagascar cadrant le cycle 2008-2011
A l'occasion du Forum mondial sur l'éducation (Dakar, avril 2000), la communauté internationale s'est engagée à réaliser l'éducation de base pour tous en tant que droit fondamental d'ici 2015.A Madagascar, l'objectif du programme est d'améliorer l'accès et l'accessibilité à l'éducation de base pour tous les Malagasy.
L'intervention du PNUD dans le secteur éducation se plaçait dans une perspective de mise en place d'un cadre de politique et de plaidoyer pour le secteur d'éducation non formelle, à travers le "Programme conjoint pour la promotion de l'Education de base pour Tous les enfants malagasy", mené sous la tutelle du Ministère de la Population, en impliquant aussi dix autres ministères, et en collaboration avec six agences du Système des Nations Unies (BIT, FNUAP, PAM, PNUD, UNESCO et UNICEF).
Le PNUD appuyait essentiellement le développement des politiques pour la promotion de l'éducation non formelle et la mise en oeuvre d'actions concrètes et intégrées ciblées sur l'alphabétisation notamment en milieu rural.Ceci est accompagné de formation technique et professionnelle de base et d'activités génératrices de revenus. Pour ce faire, des matériels éducatifs ont été développés. Les interventions ciblaient en priorité les groupes vulnérables, tels que les enfants en âge scolaire non scolarisés, les déscolarisés, et les jeunes et adultes analphabètes qui ne sont pas atteints par le système éducatif classique et dont les besoins éducatifs sont insuffisamment satisfaits. L'élaboration des différents documents de politique d'éducation non formelle, tels que la « Politique en matière d'éducation pour l'intégration socio économique des groupes en situation difficile » ; la « Politique d'alphabétisation et de l'éducation des adultes », et la « Politique intégrée de formation des formateurs » constitue les valeurs ajoutées de cet appui pour l'Education pour tous.
Les premiers résultats sont encourageants en terme de contenu d'apprentissage et de changement de comportement des bénéficiaires. En effet, le fait d'avoir alphabétisé les jeunes et adultes a suscité un besoin pressant d'éducation au niveau de l'ensemble de la communauté et notamment pour les enfants au niveau de ces sites d'alphabétisation. L'adhésion des autorités administratives et traditionnelles montre une grande motivation. Cependant les ressources financières restent largement insuffisantes face aux besoins.
Contact: Mme Louisette Ranorovololona Chargée de programme |